Affichage des articles dont le libellé est police. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est police. Afficher tous les articles

jeudi, juillet 02, 2009

Moushin Laramique, requiescant in pace...


Deux ans plus tard, ça flippe à mort et le procès des émeutiers armés de bouteilles, de barres de fer et de pierres commence.

Deux ans que la Justice ne s'est toujours pas prononcée sur la peine (ou la mutation) allouée aux conducteurs de la voiture de la Police Nationale de France.

Deux ans, et nos amis les médias se réveillent un peu, Libé fait une enquête exclusive en s'asseyant sur un banc pendant trois heures pour recueillir une scène banale de quartier populaire entre gosses de quartiers et fonctionnaires de la Police Nationale de France.

Deux ans, dix ans, et plus que les voitures de la Police Nationale de France rôdent dans les quartiers populaires, à vingt à l'heure pour bien mater, pour bien chouffer, pour bien épier et rendre compte, à soixante pour fracasser deux gosses sur une mini-moto, à cent-vingt pour arriver sirènes hurlantes.

Les voitures rôdent.

A Nanterre (pas mes rêves !), la grande rue a été tagguée, comme un hommage.

Peut-être était-ce un véhicule du même type qui percuta Moushin et Larami, deux ans plus tôt, à Villiers-le-Bel.

Sauf que ce n'est sans doute pas plus un hommage que de l'insurrection qui vient.

Juste de la rage.
























Le glorieux Titine Boy en mode Rrrrrriotttt

jeudi, avril 30, 2009

La Grande Vadrouille... (épilogue ?)



18 h 02 :

Coup de fil du père, le gosse s'est fait choper par les keufs à Nanterre malgré son interdiction de territoire. La JAP l'avait prévenu, a priori, c'est reparti pour quatorze mois de cachot.

Le Tribunal est fermé depuis une heure, ce qui signifie juge de permanence. Donc le môme serait bon pour rester au dépôt jusque lundi. En effet, un juge étant déjà positionné sur le dossier, y a peu de risque que son collègue prenne une décision à l'emporte pièce.



18 h 04 :

Coup de fil d'une collègue. Samedi matin, à 7 heures, ils déménagent un môme qui risque une expulsion locative imminente. Je l'informe pour l'interpellation. On commence à chercher une idée éducative à la con à proposer à la juge lors de l'audience pour pallier les quatorze mois. 



18 h 09 :

Je bois un verre de blanc.



18 h 15 :

Je laisse un message sur le répondeur de M. de Tréville (aka herr Direktor). J'imagine qu'il attend de se servir un verre de rhum avant de me rappeler.



18 h 39 : 

J'appelle un de ses potes. "Ah, bah justement, Ubi, j'étais en train de chercher ton numéro... Putain, on était en bagnole ; sachant qu'y avait une bagnole de keufs derrière, pas la BAC, hein, les képis, je freine brusquement dès que le feu passe à l'orange. Sûrement trop brusquement pour eux. Contrôle des papiers de la caisse et de tous les occupants, ils lui demandent de les suivre... On a été au comico, apparemment ils savent même pas quand y aura un OPJ de dispo... Si tu passes là-bas, demande à la fliquette blonde, la sympa, si elle lui a passé les thunes que je lui ai demandé de lui donner..."




(to be continued...)








Peut-être qu'il pense du fond de sa cellote au café du village, au dernier matin où l'on s'est tant marré avec les pêcheurs allemands, à la tarte aux pommes sur le rebord de la fenêtre, aux discussions sans fin, à ce restau d'hier à La Défense, à son anniversaire de 20 ans qu'il a passé au trou où je lui amenai gâteaux et bougies, et peut-être qu'il en sera ainsi pour le vingt-et-unième, au coucher de soleil sur le lac, à ce cimetière où il ne rentra pas par pudeur et décence, à ceux-elles qui pensent à lui, dans un cachot de la République, à la manif de demain, au 1er mai des opprimé-e-s, à ces putains de quatorze mois....









01 h 49 :

Je retrouve ce texte datant d'il y a un peu plus d'un an... :


"Ce soir, je bois.

Je bois en l'honneur de trois gosses de 17 à 24 ans, je bois à leur vie et à tous les jours qui leur restent à mourir, deux dans les cachots de la République de France, un dont la tête est mise à prix.

Ce soir, je bois en l'honneur de N., gosse de 20 ans avec qui je suis allé au musée des arts premiers parce qu'il voulait apprendre. Ce soir il dort en taule parce qu'un juge, avec autant d'embonpoint que de compétence et de barbe, a estimé qu'au détriment d'un renvoi en Algérie (N. est évidemment aussi français que moi), sans aucune preuve, il valait mieux, dans l'intérêt de la société et pour préserver celle-ci, qu'il dorme dans une geôle infestée de rats et de rancoeur.

Ce soir, je bois en l'honneur de S., gosse de 17 ans jugé au pénal, comme un majeur, puisque les lois Sarkozy et Perben II sur la prévention de la délinquance sont passées par là. "Les mineurs de 2008 ne sont plus les mineurs de 1945", disent-ils (môssieuh le commissaire). C'est sans doute juste, et la lutte des classes est morte, et y a plus de saison, et les "conneries" des mineurs se font de plus en plus tôt. Sauf que ça fait 2000 ans que le pouvoir dit que les conneries se font de plus en plus tôt. Et que si c'était le cas, les gosses commenceraient à déconner dans le ventre de leur mère, voire avant.

Ce soir, je bois en l'honneur de K., gosse de 24 ans que nous sommes allés chercher aujourd'hui à la gare Saint-Lazare. Un mec auquel des collègues de Nice ont filé nos coordonnées. Qui crèche depuis quelques semaines à Bordeaux mais que ça peut plus durer, il est monté, juste avec notre numéro, à l'arrache. Accusé d'avoir paumé deux kilos de coke par des gosses de son quartier qui ont fait appel à des mercenaires serbes, il a les bras encore sanglants, la froide résignation et l'envie d'en finir. Trouver une piaule pour la nuit, avant les démarches demain dès l'aube. Ne pas l'aider, juste l'écouter, dans l'urgence de la douleur. Mais de place pour dormir, nulle part ; négocier une chambre dans un hôtel sordide où nous savons que les passes à vingt euros et les barettes au même prix se négocient juste à côté. Rendez-vous à neuf heures, demain matin, nous verrons bien, les gars de Nice sont à ses trousses et le trouveront peut-être, les Serbes affûtent leurs lames.

Ce soir, ce n'est pas du bourrage de gueule méthodique, c'est de l'oubli et de l'hommage salutaires.

Je veux vomir ce soir, vomir mon alcool et ma haine, gerber sur ces prisons, ces matons et ces juges, cette came, ces sitautions dans lesquelles des êtres humains sont obligés de se mettre pour pouvoir survivre, ce soir je veux vomir la bile amère qui remontera de mes tripes.

Ce soir, à l'heure du dernier verre, je regarderai le gros bouquet de fleurs que j'ai acheté tout à l'heure, des fleurs blanches comme l'innocence, cette putain d'innocence que le monde prend un malin plaisir à envoyer au diable.

Ce soir, je bois en l'honneur de trois gosses qui doivent se sentir bien seuls. Que ces quelques mots qu'ils ne liront jamais puissent les réconforter et qu'ils sentent que, quelque part, des hommes et des femmes les veillent, les estiment et les aiment."







mercredi, avril 08, 2009

La Grande Vadrouille...






Ca commence par ma chérie, la veille, qui me dit quelle cravate mettre avec ma chemise bleue pour aller voir la juge.

Moi, j'aurais mis la blanche et rose, pas spectaculaire mais un peu jeune cool, un peu éduc, un peu beau gosse.

Mais non, la noire.

Avec le bleu roy de la liquette.

Plus sobre, ça ira bien mieux.

Ca sent la nuit où tu te couches à deux heures du mat' alors que tu te lèves à sept, pas tant de pression que d'impatience, un moment important qui va se jouer, ne pas pouvoir se coucher, et ne savoir dormir.

Ca sent la cafetière italienne qui se prépare la veille, en prévision de la gueule dans le cul du lendemain.

Et le gosse qui t'appelle sur les coups de vingt-deux heures, pour te confirmer l'heure du rencard de demain matin mais plus encore pour ne pas dire qu'il ne s'est pas fait pécho le soir malgré son interdiction de territoire et que tu peux venir le chercher chez lui.

Au matin, le café avalé en speed, gestes automatiques, foutre la cravate. La noire.

Chez lui, la maman pleure, il a mis tant de temps à se réveiller... Elle m'offre le café. J'entends le bruit de la douche. Il arrive enfin, il a mis sa plus belle chemise, lui aussi, et le petit pull jacquard qui va bien avec. Dernière engueulade avec sa mère ; ils sont aussi stressés l'un que l'autre.

Parce que c'est pas rien, quand même, aller chez la juge d'application des peines, celle qui décidera de la levée, ou non, du "sursis mise à l'épreuve". Quatorze mois de taule en jeu.

Sur le chemin, essayer de le rassurer et de maintenir la pression, parce que c'est la juge quand même mais y a pas de raisons que ça se passe mal, et même s'il ne remplit aucune des trois obligations de sa mise à l'épreuve, même s'il a lâché la formation et n'a pas de boulot, même s'il n'a pas commencé à payer les dommages et intérêts, même s'il retourne à Nanterre alors qu'il est interdit de territoire, y a pas de raisons que ça se passe mal, on vient avec une putain d'idée à proposer à la juge ; une idée dérisoire, essentielle.

Elle est pas mal, la juge, derrière ses effets de manche d'ancienne avocate. Elle a tout capté : l'importance de la famille, les quatre hôtels miteux en mois de deux mois, même pas le temps de poser les bagages, même pas le temps de sympathiser avec l'arabe du coin, elle a tout capté à la formation de merde qui le trimballe de Saint-Ouen à Vanves pour apprendre à faire un CV en trente-cinq modules individualisés d'une demi-heure. Du coup, à force d'être pris pour un con, à force de se voir refuser par des formateurs abrutis les conventions de stage qu'il apporte pourtant dûment remplies, il a lâché l'affaire et la juge l'a bien compris.

Au bout de trois quarts d'heure, elle se tourne enfin vers moi. Très bien, la juge. J'explique, pas à pas, réservant mon effet de manche de carré d'as de derrière la cravate pour la fin. Parce que plane l'ombre du procureur, menaçante et inique. Et celle des quatorze mois.

Je me tourne vers lui, lui dit qu'il a oublié de dire l'idée qu'on avait eue à la juge. Comment ça ? Le projet qu'on avait bossé ensemble. Les vacances. Un temps. Sourire. Il reprend. La rupture. Il se marre.

La juge s'énerve. Sévère. Et d'un coup, il rigole moins. Parce que la juge, elle est sympa, mais faut pas la prendre pour une endive de troisième zone. Alors il a plutôt intérêt à tout expliquer, là, maintenant, sans forfanterie.

Il dit que ben voilà, une semaine quoi, à la campagne, à 400 kilomètres de Paris, sans rien autour, une maison et puis un lac, une semaine à réfléchir. La juge sourcille, sourit, commence à capter. Elle demande dans quel cadre, avec qui... Ben avec Ubi, comme si la question se posait. Elle se tourne. Et je détaille. Le cadre, les intentions, le propos éducatif, les modalités de financement avec le jeune qui devra payer de sa poche. La sienne. Son propre argent. Son argent propre.

"Une mise au vert", dit-elle.

"Nuance, un séjour de rupture", réponds-je.

Mais je tais, aussi. Le vrai programme qu'on a prévu. Le seul truc à faire. Le rien et le silence. L'absence totale d'activité, le néant du village, l'absence de portable et de télé, juste un éduc qui va le saouler, les crises qui seront nécessaires, l'ennui, les départs dans la nuit juste éclairée à la lune, le transfert à gogo, l'absence de réponse à ses angoisses, la confrontation à ses propres désirs, à sa responsabilité, à ses silences, six jours de tout ça, et encore des silences.

Il ajoute qu'à la fin, il lui écrira à la juge pour lui dire, pour dire le résultat de tout ça, pour dire la suite qu'il envisage.

On sort du tribunal, il rompt le silence le premier :

"- Au fait, Ubi, tu lui as pas dit à la juge...

- ...

- Qu'on prenait pas la voiture et qu'on allait faire du vélo.

- Ah non, j' lui ai pas dit.

- Et au fait, les vélos, ça sera des VTT ?

- Tu rigoles ou quoi ? Ben non, des vieux vélos un peu pourris comme à la campagne quoi...

- Ah ouais, des Bourvil !"

Eclats de rire.

Il croit encore que ce sera des vacances.

La Grande Vadrouille.

Il est midi, la journée est encore longue.

Je desserre un peu la cravate.




"Les chefs d'oeuvre doivent se répandre en mystérieux effluves et toucher ainsi jusqu'aux plus ignorants des ignorants."

Louis CALAFERTE.
Requiem des innocents.







Actualisation au 09/04/09, 23 h 08 :

16 h 05 : La mère du gosse m'appelle pour me dire de venir d'urgence à la maison. Je ne peux pas. Elle ne peut pas parler. Du monde autour. En posant quelques questions auxquelles elle répond par oui et non, je comprends que la police nationale de France a fait une perquis' au domicile familial dans la journée pour espérer trouver le môme.

20 h : Appel du môme. La police nationale de France est venue trois fois dans la journée au domicile familial.

20 h 18 : Nous rentrons dans la salle de ciné pour voir Ponyo sur la falaise du glorieux camarade Miyasaki.

22 h 10 : On sort du ciné place de la Nation, des vagues et des étoiles d'émotion dans les yeux. Un cercle de tappeurs de djembé au milieu de la place, et des gens. Une voiture de la police nationale de France se gare dans l'herbe. Quatre fonctionnaires descendent, la maglite en éveil. Le bruit du djembé couvre à peine celui de la circulation de ce vendredi soir. Tous les petits groupes qui squattouillent au milieu de la place sont dévisagés. Deux autres voitures de la police nationale de France passent pendant ces quelques minutes, au pas ou sirène hurlante. Les fonctionnaires du service public de police se rapprochent du cercle, semblent parler, suite à quoi le tam-tam s'arrête. Trop de bruit, sans doute, au milieu des voitures. La maglite s'éloigne alors qu'un des tappeurs fait quelques gestes et vociférations peu amènes.

22 h 18 : Je rallume mon portable. Message de la mère qui souhaite que je la rappelle d'urgence.

22 h 30 : Je raccroche. Ils ne sont venus qu'une fois, elle se saborde d'un geste de mère sublime pour qu'il ne revienne plus alors qu'elle crève d'envie de le revoir. Elle lui a menti pour le protéger. L'antique tragédie méditerranéenne qui depuis trois mille ans fait sens et se transmet par les mères. Le destin, le fatum, le mektoub, c'que tu veux. Prendre sur soi pour que l'enfant vive. Mentir et souffrir pour qu'il puisse faire semblant de vivre. La mère illettrée qui ne sait pas déchiffrer le mandat de perquis' qu'ils n'ont même pas sortis. Mais quand on touche aux femmes, quand on touche aux mères, c'est que le début de la fin est le signe..

23 h 01 : Pas d'alcool fort, remplir la bouteille de blanc, boire un coup, penser à la police nationale de France et aux sans-papiers qui sautent du deuxième ou du douzième étage pour lui échapper.



Puisse-t-il... 
(live à Montreux 1973)

dimanche, mars 01, 2009

C'est facile de se moquer...





Oui c'est vrai, j'avoue qu'au matin, la vue de la redoutable police anti-émeute chinoise à l'entraînement m'a bien fait marrer.

Mais bon, juste après le dernier hoquet qui fait que ton café est irrémédiablement foutu, t'es grillé quand t'entends la grosse voix du patron demandant si tout va bien, qu'icelui rapplique tandis que t'essaies péniblement de fermer la fenêtre de l'ordi et d'essuyer le café comme tu peux, que c'est le drame, une fois de plus, dans ta vie, à cause des zélés fonctionnaires.

Et, pour ne rien arranger, juste après, je me suis ressouvenu de ça et de ça aussi... Et là, c'était grave foutu.





Comme quoi, les diverses techniques employées en représentation par nos fonctionnaires zélés restent quand même une source inépuisable de fendage de gueule.

En représentation, parce que bon, soyons sérieux, c'est en pratique que ça se gâte. Et du rire aux larmes pendant une heure et demie, le malaise et la gerbe.





Parce que de toute façon le chef veille au grain (des poulets).













dimanche, février 22, 2009

conseils de précaution et d'usage élémentaires




Devant l'évidence de la guerre sociale en cours, nous rappelons à toutes fins utiles à nos cher-e-s et fidèles lecteurs-rices,




















                            QU'UN FLIC




















Et on envoie du trèèèèèèèèès lourd avec :


les Flammes du mal du Secteur Ä

et

Rue de la haine d'Ärsenik










(et merci au Noiz' pour Ärsenik)

vendredi, janvier 30, 2009

"J'écoute, mais j'tiens pas compte" (1)








Ca se radicalise, les z'aminches... Ca sent d'autant plus bon que la Cégète minimise le nombre de manifestants (300.000 à Paris, ah ah ah, au moins le double...) et que TF1 parle juste des trains qui ont plutôt bien roulé grâce au service minimum mis en oeuvre par le gouvernement.

Trêve de blague.

Manif énorme de Bastoche à Opéra qui se termine si joliment en digne rage. La "base" de la dite Cégète qui court au baston alors que le service d'ordre a dit que "non, y a danger, faut pas y aller, en bas..."

La "base" de la dite Cégète qui en revient aux fondamentaux sur ses pancartes (oui, c'est bien une section du 91 qui, à trente personnes, en appellent à ça) :











De partout, donc, à Bastoche, ça fleure bon la joie de se voir si nombreux, de rappeler à "Casse-toi pauv' con" quelques références historiques sur le pouvoir du peuple et la rue qui gouverne :





























La gang de la "mouvance contestataire" est chaleureusement applaudie et félicitée pour sa putain de banderole (on se revoit samedi à 15 h à Luxembourg, les gens....) :








Private joke, seul-e-s les présent-e-s savent... :








Et puis, la nuit commence à tomber, ça applaudit aux banques tagguées, des vieilles de 70 ans disent que c'est magnifique et si juste, quand même... :














Rumeurs comme quoi ça chauffe à Opéra sur la fin, on se speede et putain de chouette ambiance qui rappelle les folles nuits du CPE, le mélange de gens en plus. Pas mal de vieux, vraiment, insultant les keufs sous l'oeil attendri d'une paire de zouzous de tiékar, des badauds qui prennent part, les bleus protègent la place Vendôme et la route vers l'Elysée, une belle alliance entre la "base" la Cégète et des totos des deux côtés d'une ligne de keufs, ça pousse et ça charge, les flics bouffent bien et gazent à tout va. Slogans spontanés et déterminés, un "Casse-toi pauv' con" tient bien dix minutes, "Sarko démission" à gogo, et autres joyeusetés envers nos amies forces répressives. En choeur. Vraiment.




















Un millier à rester sur la fin, repoussés sur le boulevard des Italiens. Hésitation à partir en manif sauvage, finalement on tente plutôt de garder notre position, sans doute pour prolonger la joie de ce moment dans les feux qui commencent à naître. Keufs de plus en plus aggressifs. De belles rencontres et des insoupçonnés qui élèvent des petites barricades. Un bon début, vraiment, un moment rare après une manif d'une telle ampleur. Les mauvais jours finiront. Vivement la suite...




























Pour finir, hommage, tendresse et kassdédi énorme à ce vieux de 65 berges, seul avec sa pancarte faite maison remontant le cortège dans la nuit des grands boulevards. Tout le monde, interloqué mais pas tant que ça, le regardait. Lui souriait. Comme l'évidence d'une France qui sait que le meilleur est à venir. Et que la vérité tout autant que les armes seront la seule issue. Puisque ça reparle ouvertement de violence dans les cortèges. De pendaisons. De rêves de meurtre. Et que lui l'affichait tout haut. Comme un symbole qui ne va pas tarder à refleurir.




















(1) : ...qu'il a dit y a pas longtemps "casse-toi , pauv' con". Et là, tu la sens not' grosse grève, "pauv' con" ? Et tu vas pas tenir compte ? T'inquiète, c'est pas grave, tu vas finir par comprendre...

vendredi, janvier 09, 2009

Des fois, c'est vraiment à se demander s'ils le font pas exprès...

Un lien, pour une fois, juste un lien.

Mais quel lien. Un chef d'oeuvre.

Franchement, ça dépasse tout ce que j'avais pu imaginer jusque là...

On pourrait au début croire à un détournement grolandais ou situ, mais non, c'est que c'est du sérieux, des voeux.

En l'occurrence, ceux de la préfecture de police (de Paris, donc) pour 2009. Même pas l'excuse que ce soit une perle retrouvée vingt ans plus tard.

Non, non, c'est tout frais, ça vient de sortir, et c'est là :


Cale-toi bien dans ton fauteuil, sers-toi une vodka glacée, mets ta ceinture, et regarde autant que tu veux...











Et pourquoi çui-là il est pas dans le clip ??? (1)












(1) : merci à celui qu'a arrêté son site de tofs pour la tof...

mercredi, novembre 19, 2008

je vous demande de nous arrêter !!! je vous demande de nous (faire) taire !!!



Nous aussi, nous avons manifesté dans notre vie. Nous avons même manifesté contre la guerre et pour la paix dans le monde. Certains d’entre nous ont même manifesté à l’étranger, et certains aux Etats-Unis.


Nous aussi, nous habitons ou aimerions habiter un village de 300 habitants. Nous avons même imaginé vivre et habiter à la campagne et devenir épiciers. Certains d’entre nous aimeraient reprendre une vieille ferme et planter des carottes.


Nous aussi avons des ordinateurs portables et des connexions Internets. Nous avons même créé des blogs politiques et associatifs. Certains d’entre nous connaissent même des sites libertaires ou anarchistes.


Nous aussi, nous possédons une carte des chemins de fer et destinations de la SNCF. Nous avons, pour les plus jeunes, une carte 12-25 ans pour voyager moins cher. Certains d’entre nous ont même été importunés par les voies ferrés dans leur promenade du dimanche.


Nous aussi, nous avons des livres à la maison. Nous avons même des livres politiques qui expliquent comment renverser le système capitaliste. Certains d’entre nous ont même écrit des livres subversifs expliquant comment organiser une action militante.


Nous aussi, nous aimons la nature. Nous avons même toutes et tous pensé faire de l’escalade pour profiter des paysages de montagne. Certains d’entre nous ont même, dangereux qu’ils sont, des mousquetons et un casque d’escalade.


Nous aussi, nous sommes allés à l’école. Nous avons même essayé de faire des études, voire beaucoup d’études. Certains d’entre nous ont même obtenus leur diplôme BAC+5.


Nous sommes toutes et tous des terroristes de l’ultra-gauche : Arrêtez-nous !













(et merci à olympedeuxgrouges pour son texte)

jeudi, juin 05, 2008

une histoire d'écharpes






Ce mercredi, à Montreuil, des flics arrêtent un sans-pap une demi-heure avant une manif.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

Forcément, la manif va devant le comico pour exiger sa libération.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

La police nationale de France est à cran.

"Première sommation, deuxième somm..." Charge furieuse, gaz, flashballs tirés à bout portant, matraques et chaussettes à clous, huit personnes se font interpeller dont trois sans-pap.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

La tension monte. Vraiment. Jamais vu les flics aussi chauds, méprisants, infects. Que si y avait un concours des plus sales gueules de méchants au monde, ils auraient gagné haut la main, loin devant Lee Van Cleef.

Coups de fil en pagaille à tous le monde, les gosses du quartier rappliquent aussi, les phrases entendues en se baladant entre les odeurs de lacrymos et le grand feu de poubelle condamnent unanimement. La police nationale de France. Passants, commerçants, habitants, militants ; ça dégueule l'exaspération, les vexations quotidiennes, le mot "revanche", de murmure, devient un cri du coeur.

D'ailleurs, c'est la Semaine Sanglante qui, le choc de la première charge passé, monte doucement du trottoir en face du comico. Les mauvais jours finiront, et gare à la revanche quand tous les pauvres s'y mettront...

LIBEREZ NOS CAMARADES !

Arrivée des élus vers 20 h 30. Bientôt tout le conseil municipal, dont la Voynet. Son premier gros truc à gérer depuis qu'elle est maire. Beaucoup l'attendent au tournant. Son positionnement de ce soir, après tous ses appels dans la presse au soutien des sans-pap, est essentiel. Elle le sait. Les écharpes sont de sortie. Pas seulement les tricolores autour des bustes, mais les noires aussi autour des visages alors que la police nationale de France tente de jouer les Cartier-Bresson depuis le toit du comico. Le commissaire claque à la Voynet que ce serait sympatoche qu'elle s'en aille comme ça ils pourront "évacuer au plus vite la place". Elle dit qu'elle reste. Elle appelle le le Conseil Municipal qui se met en première ligne.

Un chefaillon de la police nationale de France dit qu'il va "faire usage de la force". Etonnant. C'est sûr qu'ils plus habitués à ça qu'à faire usage de l'intelligence.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

Les flics provoquent comme c'est pas permis, caressent leurs matraques, sautillent derrière leur bouclier, dansent presque. Le feu brûle toujours. Ca tchatche entre les écharpes, ça s'écoute, ça dialogue vraiment. Tentative scandaleuse des flics de se planquer derrière un camion de pompiers pour aller fracasser tout le monde. Elus et cagoules refusent le passage.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

La Voynet a réussi à faire rentrer une délégation pour voir les interpellés ainsi qu'une avocate. Les flics donnent leur parole de ne rien faire tant que la délég ne sera pas sortie et que le directeur de la sécurité publique du 9-3 ne sera pas arrivé.

Deuxième charge de flics, sans plus de raisons que la première. Lacrymos, flashballs, grenades assourdissantes. Une partie reste devant le comico, des petits groupes se baladent dans Montreuil invraisemblablement quadrillée par la BAC et les civils. Affrontements sporadiques dans la ville.

Les nouvelles du dedans sont plus ou moins rassurantes. Un sans-pap accusé de violence sur sur policier et un camarde de jet de projectile. Les six autres devraient sortir ce soir. Les flics continuent leur festival de jmelajou.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

Deux heures du mat', les six sortent.

Ce soir, la Voynet a mérité qu'on l'appelle Madame. Pourvu que ça dure.

Demain et tous les autres jours, la lutte continue.



LIBEREZ NOS CAMARADES !












vendredi, avril 25, 2008

interruption momentanée des services

Après s'être brillamment fait contrôler par la BAC sur le quartier (1), l'ami Ubi part une semaine en Auvergne avec une vingtaine de mômes se recueillir sur les volcans, bouffer du Saint-Nectaire, boire de cette fameuse liqueur verte de plantes. Ca le fait grave chier de rater la manif du 1er mai -pas tant la parigote que la berlinoise (2)- mais il se consolera en testant à gogo son nouveau joujou (3) :












(1) : Trois malabars sortent d'une bagnole en furie, dont un flashball pointé dans mon dos :
"- Police, une pièce d'identité s'il vous plaît...
- ...
- Vous faites quoi ici ? On sait que t'as acheté (4)...
- Chuis éducateur
- Nan, mais vaut mieux sortir la boulette tout de suite on dira rien et ça peut vous éviter des ennuis après...
- ...
- Il tremble il tremble !!!
- ...
- Si vous travaillez ici, vous devez savoir que y a beaucoup de drogue qui circule, alors hein, vaut mieux nous la filer tout de suite...
- Ah bon ?
- C'est quoi ça dans votre sac ?
- Ben un livre
(le malabar sort mon "Guerre et Paix" en pléiade et tourne les feuilles de papier bible comme s'il espérait trouver... ben je sais pas quoi en fait... il referme le bouquin d'un air dégoûté)
- Circulez..."
Une bonne trentaine de jeunes à casquette capuche me regardent, me sourient et se marrent, ça hurle de loin : "Bah alors, Ubi, ça fait quoi de se faire contrôle d'identiter ?" Je souris résigné et amusé. Cinq minutes plus tard, une autre bagnole s'arrête. Quatre jeunes en descendent, tape amicale dans le dos :"T'inquiète, Ubi, nous c'est trois fois par jour..." Pas la peine de leur dire que ça ne m'inquiète pas du tout et que je sais pertinemment ce qu'ils se tapent de provoc' policière... On se marre.

(2) : Raaaah la Keny Arkana en street concert au milieu du BB...

(3) : un Olympus e-400 avec objectifs 14-42 et 40-150... Wouh ouh vienzy le plein de pixels en reflex toussa....

(4) : Comme quoi la police-nationale-de-France sait aussi faire preuve de dialectique ; soit t'es arabe ou noir et t'es forcément dealer ou voyou, soit t'es blanc et t'es forcément acheteur... Hu hu... tremble Hegel, la BAC represent...



Here comes your man des glorieux et éternels Pixies

jeudi, avril 10, 2008

le noir pour mourir à Paris...




À la (presque) demande générale, une rareté du camarade Léo (grazie Véro !), avec quelques tofs z'adéquates...




(en rital, per favore)