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lundi, mai 05, 2008

une semaine (de merde) en Auvergne








Putain de petit-e-s con-ne-s de gosses de 10 à 14 ans qui se croient tout permis et se la jouent caïds. Une semaine imbitable sous le froid auvergnat, à peine quelques photos à sauver, l'oeil tellement sec que l'appareil ne trouvait rien de bien joli à prendre...




froid et brouillard dans un nuage, Banne d'Ornanche




neige et gel, temple de Mercure, sommet du Puy de Dôme




hêtre marcescent, Puy de Dôme




B., Puy de Lemptégy




un petit chemin (qui ne sentait pas la noisette), Gannat




en route pour la chasse au dahu, Gannat




L'impression d'avoir été totalement vain, dérisoire, inutile. Du néant en acte. Se dire que, peut-être, des mômes ont trouvé le moyen de s'opposer à je ne sais quoi, les parents et l'école ayant renoncé depuis longtemps, mais diable que ce fut éprouvant. Des baffes qui se perdent, des nuits sans sommeil à attendre l'heure de l'endormissement pour pouvoir boire le verre de rhum salvateur, des coups de fil aux parents au sujet de coups, de crachats, d'insultes, de jets de pierres. Rendez-moi ces dealers de 25 ans bordel, rendez-moi des gens capables de raisonner et d'assumer leurs actes, dans le simple face-à-face. Rendez-moi la vie de quartier, les engueulades franches et joyeuses, les débats de mauvaise foi consentie, rendez-moi les grands-frères et les grandes-soeurs de ces abruti-e-s. Et même si les enfants ce sont les mêmes, à Nanterre ou à Gottingen...

Gare de Riom. Dernière photo dans le souterain. Last way to exit. Arrêt Buffet. Vivement que je retrouve Nanterre. Vivement le 17 mai.










Didier Super - Comme un enfant au Brésil

(au fait les gens, disez-moi si vous z'arrivez bien à télécharger la zizik, cimer...)

vendredi, avril 25, 2008

interruption momentanée des services

Après s'être brillamment fait contrôler par la BAC sur le quartier (1), l'ami Ubi part une semaine en Auvergne avec une vingtaine de mômes se recueillir sur les volcans, bouffer du Saint-Nectaire, boire de cette fameuse liqueur verte de plantes. Ca le fait grave chier de rater la manif du 1er mai -pas tant la parigote que la berlinoise (2)- mais il se consolera en testant à gogo son nouveau joujou (3) :












(1) : Trois malabars sortent d'une bagnole en furie, dont un flashball pointé dans mon dos :
"- Police, une pièce d'identité s'il vous plaît...
- ...
- Vous faites quoi ici ? On sait que t'as acheté (4)...
- Chuis éducateur
- Nan, mais vaut mieux sortir la boulette tout de suite on dira rien et ça peut vous éviter des ennuis après...
- ...
- Il tremble il tremble !!!
- ...
- Si vous travaillez ici, vous devez savoir que y a beaucoup de drogue qui circule, alors hein, vaut mieux nous la filer tout de suite...
- Ah bon ?
- C'est quoi ça dans votre sac ?
- Ben un livre
(le malabar sort mon "Guerre et Paix" en pléiade et tourne les feuilles de papier bible comme s'il espérait trouver... ben je sais pas quoi en fait... il referme le bouquin d'un air dégoûté)
- Circulez..."
Une bonne trentaine de jeunes à casquette capuche me regardent, me sourient et se marrent, ça hurle de loin : "Bah alors, Ubi, ça fait quoi de se faire contrôle d'identiter ?" Je souris résigné et amusé. Cinq minutes plus tard, une autre bagnole s'arrête. Quatre jeunes en descendent, tape amicale dans le dos :"T'inquiète, Ubi, nous c'est trois fois par jour..." Pas la peine de leur dire que ça ne m'inquiète pas du tout et que je sais pertinemment ce qu'ils se tapent de provoc' policière... On se marre.

(2) : Raaaah la Keny Arkana en street concert au milieu du BB...

(3) : un Olympus e-400 avec objectifs 14-42 et 40-150... Wouh ouh vienzy le plein de pixels en reflex toussa....

(4) : Comme quoi la police-nationale-de-France sait aussi faire preuve de dialectique ; soit t'es arabe ou noir et t'es forcément dealer ou voyou, soit t'es blanc et t'es forcément acheteur... Hu hu... tremble Hegel, la BAC represent...



Here comes your man des glorieux et éternels Pixies

vendredi, décembre 28, 2007

un soir d'Auvergne



Ce ne devait être qu’une halte, une nuit, une soirée tout au plus sur la route des vacances. Et puis cette petite route qui monte vers ce village dont j’ai tristement oublié le nom. Nous devions dormir là avant que je ne parte le lendemain pour Albi, Toulouse et Barcelone. La maison était grande, oubliée, sans doute prêtée par un cousin éloigné ou quelque obscure grand-tante. Je me rappelle m’y être ennuyé bien vite et avoir décidé de faire, comme on dit, le tour du village. Le soir tombait, ciel violacé et vent vif, hautes herbes, quelques maisons et la porte du café. Je la poussai fièrement avec l’arrogance de mes vingt ans, m’attendant à trouver je ne sais quels jeunes du coin venus zoner autour du baby et d’une bière. Quatre ou cinq hommes au comptoir, le patron qui avait probablement le torchon à l’épaule ou à la main. L’assurance, d’un coup, s’en va. Impossible de reculer. Bonsoir messieurs. Pas de réponse, ou murmurée. Les conversations ont cessé ; le patron, de l’œil, attend ma commande. Euh, ben, je sais pas, kess ke vous buvez dans le coin ? Merde, j’ me suis dit, quel con, mais vraiment quel con, genre le gamin d’ la ville qui descend rendre visite aux autochtones, youyou la réserve d’indigènes, et vazy ke j’ te leur demande de l’exotisme en boutanche. Impossible de reculer. Il ne répond rien, chope une bouteille aussi verte que les herbes du dehors, remplit cinq verres. Je crois me souvenir que j’ai honte à ce moment-là, honte d’imposer ma présence, honte de ce verre. C’est pour moi Jean-Pierre. Je sais que j’ai commencé à parler, un peu, de cet alcool de plantes inconnu qui te réchauffe le bide et te donne envie de parler. Je sais que je me suis tu, aussi. Pour profiter du silence qui n’était plus du malaise, pour écouter les demi-mots de ces hommes qui parlaient de leur terre, pour apprendre, tout bêtement, comme on écoute un père. Un deuxième a dit que c’était pour lui Jean-Pierre. Les souvenirs ici s’embrument, les années ont passé, les verres se succédaient, je me souviens simplement que j’étais bien, que je pensais à cette foutue chanson de Brassens et que je ne me suis pas permis de dire Jean-Pierre c’est la mienne, mais simplement, du regard ou de la voix, vous z’en r’mettrez une siouplaît. Un seul a accepté, pour ne pas me faire l’injure de boire tout seul, les autres, toutefois, communiaient en souriant. J’ai follement aimé ces hommes et cette sorte d’examen de passage qu’ils me firent subir, sorte de rite initiatique dont nos sociétés ont désappris le caractère enchanteur, j’ai follement aimé ces hommes qui ne firent pas semblant de me prendre pour un de leurs mais avec qui je vécus de poignants instants de fraternité, j’ai aimé leur rudesse, leur alcool et leur terre, j’ai oublié le reste des vacances, Albi, Toulouse et Barcelone, seul me reste aujourd’hui ce village auvergnat dont j’ai tristement oublié le nom et ces hommes dont l’au revoir, à ma sortie du café, fut le plus touchant que j’entendrai jamais.



(OST : Madredeus - Alfama)