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lundi, mars 30, 2009

Conservateur, gardiens, et autres billevesées...



Fini le temps des vieux barbichus binoclards à l'accueil, place à la polyvalence du gardien de musée à la française : il est perché, il est sniper ; de sa viseuse, il vous accueille dans un sourire.





Quand le gardien dudit musée par trop s'ennuie, son congénère lui raconte la blague de la bite vaudou. Ou l'informe que l'important dans les musées, c'est d'en bien contrôler l'accès. Depuis les toits jusques aux caves. Et sûr qu'en matière de caves, ils s'y connaissent, sur les toits...





Compétence à haute valeur ajoutée sur un Cours-il-court-l'homme Vite-hé de gardien de musée : le master de reconduite ("ah, l'affront, hier..." soupire-t-il, l'homme à droite, en ressassant son échec de la veille à l'épreuve pratique)





Les douces attentions du public à l'égard de la difficile tâche qui leur incombe (et surtout qui leur décombe) à ces valeureux hommes (mais gardiens de musée avant tout !!!).
 




Les badauds (non munis de billets coupe-file, eux) applaudissent aux fallacieuses provocations d'une horde bravache tentant de semer le trouble chez le big boss des gardiens de musée, Monsieur le Conservateur.





Quand les vieux gardiens barbichus et binoclards indiquaient la Joconde à chaque touriste japonais, les nouveaux se reconvertissent sur le coeur-de-cible sub-saharien, marketing oblige... 













(Manifestation contre l'inauguration de la médiathèque Abdelmalek Sayad au musée de l'immigration, lundi 30 mars 2009. Etaient attendus Mmes Albanel et Pécresse, MM. Darcos et Besson, sont finalement venus MM. Besson et Toubon (?!?!) qui ont finalement renoncé à prononcer leurs discours devant des hordes de manifestants hostiles et hénervés à l'hintérieur et à l'hextérieur dudit musée...)


(Une collaboration Anti/Ubi)









A part ça, bienvenue au glorieux camarade forumesque Askatom dans le monde des bien jolis blogs photos qui déchirent leur mère... (la preuve) :

samedi, novembre 08, 2008

Pendant ce temps-là, d'autres négros en chient grave...







Et ça fait du bien de (re)lire quelques mots salvateurs...



"Comment expliquez-vous l'Obamania ?

Par le fait que Bush était devenu un objet phobique. Déjà, après le diabolique Nixon du Watergate, l'Amérique s'était donnée à un enfant de choeur qui cultivait des cacahuètes, Jimmy Carter. Bush, lui, a fait bien pire que Nixon, il s'est campé avec délice dans le rôle de "l'ennemi du genre humain" : refus du protocole de Kyoto, mépris pour les institutions internationales, politique de guerre préventive, droit de torturer, culte de la force, chauvinisme, etc. Cheney, son vice-président, était surnommé "Darth Vader". Le duo avait réussi à faire des USA le nouvel "Empire du Mal". Obama, c'est pour les Américains la rédemption. La bonté à l'affiche. Écoute, consensus, respect de l'autre, des différences, des pauvres, des faibles, "tout le monde il est beau il est gentil".

Oui, mais la fascination pour Obama va au-delà des Etats-Unis, c'est un phénomène planétaire.

Parce que les Etats-Unis restent la seule puissance planétaire. La Bushophobie était mondiale, elle s'est logiquement inversée en Obamania universelle. Obama, c'est l'homme-miroir de l'Univers, "l'homme-microcosme" comme on disait à la Renaissance, celui qui représente le monde dans sa diversité, qui réconcilie en sa personne et les races et les sexes : il est Africain, il est Américain, il est noir, il est blanc, il est homme, mais en même temps très mode, très mannequin, féminin, fluet, fluide, mignon à croquer, le contraire d'un McCain, handicapé, confus, couturé, tête brûlée, gueule cassée, affichant une virilité agressive qui était tout simplement périmée. Métis et hermaphrodite, qui dit mieux ?

Avec l'Obamania, on n'est plus dans la rubrique politique : on parle d' "espérance", on évoque des "miracles", on compare son "Yes we can" au "N'ayez pas peur" de Jean-Paul II.

Obama a en effet savamment cultivé une image de sauveur et rédempteur du monde, qu'il a promis - tenez-vous bien - de "guérir" et de "changer". Son génie a été de ne pas reculer devant la loufoquerie, et de puiser sans honte ni hésitation dans le stock des plus vieux mythes, des plus anciennes croyances de l'humanité. Et ça marche, même à l'âge de la science, même quand on croit ne plus y croire. Dans le même temps, sa campagne usait avec maestria des technologies les plus récentes. Il a joué sciemment au Messie, tout en modernisant le rôle à l'aide d'une rhétorique toute hollywoodienne : il parle comme un film.

Obama est actuellement l'homme le plus aimé de la planète. Mais on dit déjà que la déception est inévitable, et sera à la mesure de cet amour.

Ça, c'est de la politique à l'eau de rose. Obama a fait carrière à Chicago, où les fleurs bleues ne font pas de vieux os. Tout indique que lui au moins ne se prend pas pour Obama. Sa première recrue ? son pote, autre Chicagoen, Rahm Emanuel, qui sera son véritable numéro 2 : un sicaire hyper-efficace, qui ne fait pas de quartier. Il s'activera en coulisse pendant que, sur la scène, notre Saint Jean Bouche d'or nous chantera des berceuses."


Jacques Alain MILLER, 2008.

(le gendre de Lacan, toussa...)






"Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective.

Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des membres.

La première fin et, en dernière analyse, l'unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite.

Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration. S'il ne l'est pas en fait, c'est seulement parce que ceux qui l'entourent ne le sont pas moins que lui.

Ces trois caractères sont des vérités de fait évidentes à quiconque s'est approché de la vie des partis.

Le troisième est un cas particulier d'un phénomène qui se produit partout où le collectif domine les êtres pensants. C'est le retournement de la relation entre fin et moyen. Partout, sans exception, toutes les choses généralement considérées comme des fins sont par nature, par définition, par essence et de la manière la plus évidente uniquement des moyens. On pourrait en citer autant d'exemples qu'on voudrait dans tous les domaines. Argent, pouvoir, Etat, grandeur nationale, production économique, diplômes universitaires ; et beaucoup d'autres.

Le bien seul est une fin. Tout ce qui appartient au domaine des faits est de l'ordre des moyens."


Simone WEIL, vers 1940
Notes sur la suppression générale des partis politiques.

(la vraie Weil, hein, pas la Veil....)





A mardi, donc, vers Vincennes...





C'est quand même, au bas mot, aut' chose qu'un discours d'Obama...

Et une autre de l'alsaco, puisque ça a eu l'air de plaire...
Abd al Malik, C'est du lourd !

mercredi, juillet 02, 2008

"Ingrid, est-ce que tu baises ?"




"Casse-toi pauv' con" vient de parler à l'ORTF.

C'est que c'est un beau barouf depuis plus de deux heures dans la presse aux ordres.

La greluche est libérée et c'est comme si c'était la fin de la première guerre mondiale, l'assassinat de JFK ou la victoire de l'équipe de France à la Coupe du Monde 1998.

L'Union Sacrée.

Les enfants d'Ingrid, les méchants FARC, les militaires colombiens bien plus doués qu'un parachutiste de Carcassonne.

Tout ça depuis que le magique "casse-toi pauv'con" a pris les choses en main.

Et la lèche-nabot de France-un-Faux, Marie-Eve Malouine (en l'occurrence aussi classieuse que Thatcher en 1982 et efficace que l'Argentine dans la guerre du même nom) dit à l'instant que c'est bien bikoz y a "absolument aucune récupération politique".

Ha ha ha.

"Casse-toi pauv'con" a remercié Renaud pour son action. Il a remercié les Ricains, les Colombiens, et Chavez.

Et Renaud.

Il a juste oublié Kim Jong Il.

Mais surtout, "casse-toi pauv'con" a parlé.

Il a promis.

"Les promesses n'engagent que ceux qui y croient" disait un de ses mentors : Chirac, Pasqua, Maurras ; qu'importe.

Tu te souviens de la "parole donnée" de Mitterrand, cette doctrine de 1985 donnant aux anciens brigadistes ritals le droit d'asile inconditionnel pour peu qu'ils et elles renoncent à la lutte armée (je n'emploie volontiers pas le mot de "terrorisme").

Tu t'en rappelles, dis...

Cesare Battisti et Marina Petrella, vous vous en rappellez, hein.

Un écrivain et un assistante sociale.

"Casse-toi pauv'con" vient d'offrir la grâce de l'Etat français à ceux-elles des FARC qui renonceraient à leur "combat absurde et moyenâgeux dans la jungle".

Et l'asile.

Inconditionnel.

Celui qu'il refuse aux sans-pap' qui crèvent poursuivis par la police nationale de France.

Qui crament leur prison.

L'asile qu'il refuse malgré une parole donnée par un de ses prédecesseurs.

Qu'il extrade en Italie, pays que le porte-parole de l'UMP vient de décrire comme étant un modèle de démocratie.

Avec Berlu et Gianni Alemanno.

"Casse-toi pauv'con" bande et l'ORTF mouille.

Ca félicite l'armée, l'intervention des ricains, la gloire du nabot, l'otage ultime qu'à côté de laquelle Guy Môquet était un enfant de choeur, passkeuh tu te rends compte la jungle colombienne Koh-Lanta à côté c'est même pas l'épreuve de sélection de Fort-Boyard, les enfants qui ont grandi avec les journalistes et que rien que pour ça, une pseudo-icône de liberté bafouée à Bogota et pas dans les Centre de rétention de Vincennes, des "réactions" aussi unanimes qu'au lendemain d'un deuxième tour de présidentielles en 2002, une presse aussi servile qu'une promesse d'un président qui gerbe sur celles des autres.

Cesare, Marina et les sans pap' tués et enfermés doivent bien se marrer.

Ingrid-est-ce-que-tu-baises n'a toujours pas été recapturée.







Les grandioses Bimbo Killers chantent le thuriféraire

(Merci à Thib', Gonzo et Antimollusques pour les sources d'inspiration...)

dimanche, juin 29, 2008

Rions (???) un peu avec ce qui fait trembler la garde des sceaux (à champagne).

"Il y a de la méthode dans leur folie."
Guillaume Agitepoire, Hamlet.




Le grand Indymedia (de Paris, pour une fois qu'il est pas en rade) raconte et montre ça...





Elle est là, la menace.

Des gens qui se regroupent devant des prisons pour exiger la libération des sans-papiers, autrement nommés étrangers en situation encore pire qu'irrégulière.

Des terroristes en puissance.

A l'image des gens de RESF (cf son plus bas).

Qui poseraient des bombes et crameraient des fumigènes (y a pas de plaisir).

Que les nouveaux locaux du FBI à la française, sis à Levallois-Perret, la torture blanche a de beaux jours devant elle (en témoigne ce terrifiant récit).

Que le retour des lois scélérates sous de faux noms où ils invoquent la paix.

Des gens qui veulent que tout le monde puisse vivre librement ici.

Des gens qui, par exemple à Rennes, se font gardés à vue à 25 pour une simple manif (la preuve)

Et tout le reste.

Heureusement qu'au moins le Syndicat de la Magistrature résiste et prouve qu'il existe.



No justice no peace.

Fuck justice fuck peace.




L'UMP montre une connaissance très sûre du "terrorisme"

jeudi, juin 05, 2008

une histoire d'écharpes






Ce mercredi, à Montreuil, des flics arrêtent un sans-pap une demi-heure avant une manif.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

Forcément, la manif va devant le comico pour exiger sa libération.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

La police nationale de France est à cran.

"Première sommation, deuxième somm..." Charge furieuse, gaz, flashballs tirés à bout portant, matraques et chaussettes à clous, huit personnes se font interpeller dont trois sans-pap.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

La tension monte. Vraiment. Jamais vu les flics aussi chauds, méprisants, infects. Que si y avait un concours des plus sales gueules de méchants au monde, ils auraient gagné haut la main, loin devant Lee Van Cleef.

Coups de fil en pagaille à tous le monde, les gosses du quartier rappliquent aussi, les phrases entendues en se baladant entre les odeurs de lacrymos et le grand feu de poubelle condamnent unanimement. La police nationale de France. Passants, commerçants, habitants, militants ; ça dégueule l'exaspération, les vexations quotidiennes, le mot "revanche", de murmure, devient un cri du coeur.

D'ailleurs, c'est la Semaine Sanglante qui, le choc de la première charge passé, monte doucement du trottoir en face du comico. Les mauvais jours finiront, et gare à la revanche quand tous les pauvres s'y mettront...

LIBEREZ NOS CAMARADES !

Arrivée des élus vers 20 h 30. Bientôt tout le conseil municipal, dont la Voynet. Son premier gros truc à gérer depuis qu'elle est maire. Beaucoup l'attendent au tournant. Son positionnement de ce soir, après tous ses appels dans la presse au soutien des sans-pap, est essentiel. Elle le sait. Les écharpes sont de sortie. Pas seulement les tricolores autour des bustes, mais les noires aussi autour des visages alors que la police nationale de France tente de jouer les Cartier-Bresson depuis le toit du comico. Le commissaire claque à la Voynet que ce serait sympatoche qu'elle s'en aille comme ça ils pourront "évacuer au plus vite la place". Elle dit qu'elle reste. Elle appelle le le Conseil Municipal qui se met en première ligne.

Un chefaillon de la police nationale de France dit qu'il va "faire usage de la force". Etonnant. C'est sûr qu'ils plus habitués à ça qu'à faire usage de l'intelligence.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

Les flics provoquent comme c'est pas permis, caressent leurs matraques, sautillent derrière leur bouclier, dansent presque. Le feu brûle toujours. Ca tchatche entre les écharpes, ça s'écoute, ça dialogue vraiment. Tentative scandaleuse des flics de se planquer derrière un camion de pompiers pour aller fracasser tout le monde. Elus et cagoules refusent le passage.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

La Voynet a réussi à faire rentrer une délégation pour voir les interpellés ainsi qu'une avocate. Les flics donnent leur parole de ne rien faire tant que la délég ne sera pas sortie et que le directeur de la sécurité publique du 9-3 ne sera pas arrivé.

Deuxième charge de flics, sans plus de raisons que la première. Lacrymos, flashballs, grenades assourdissantes. Une partie reste devant le comico, des petits groupes se baladent dans Montreuil invraisemblablement quadrillée par la BAC et les civils. Affrontements sporadiques dans la ville.

Les nouvelles du dedans sont plus ou moins rassurantes. Un sans-pap accusé de violence sur sur policier et un camarde de jet de projectile. Les six autres devraient sortir ce soir. Les flics continuent leur festival de jmelajou.

LIBEREZ NOS CAMARADES !

Deux heures du mat', les six sortent.

Ce soir, la Voynet a mérité qu'on l'appelle Madame. Pourvu que ça dure.

Demain et tous les autres jours, la lutte continue.



LIBEREZ NOS CAMARADES !












dimanche, mai 04, 2008

"Libérez nos camarades !" cria le peuple dans sa rage

Manif devant le Centre de Rétention Administrative de Vincennes, 4 mai 2008

















Il y eut une longue marche

Il y eut un magnifique virage de députée socialo-collabo essayant de parler au micro et que le service d'ordre de la CNT protégea dans sa fuite

Il y eut tous ces cris déchirants de "LIBERTÉ"

Il y eut le drap blanc que les sans-pap' faisaient tournoyer à la douce brise de mai depuis leurs geôles

Il y eut le concert de la Keny A, la rage du peuple et tout le bordel

Il y eut les copains-ines, de Nanterre (pas mes rêves -rendez-vous le 17 mai-) et de Montreuil

Il y eut cette poussée contre les keufs, slogans furieux, mottes de terre, barrière de pompiers, un bouclier volé, et toujours les lacrymos

Il y a la certitude que nous reviendrons et que, ce soir, sans LCR ni PS, quelques sans-pap' doivent avoir le coeur un peu moins froid

samedi, avril 05, 2008

Front de libération des fumis

Pour sa première grosse manif de retour au pays, c’était plutôt pas mal. Retrouver la France après trois ans au Canada, après Montebello, forcément, toutes les têtes cramées d’Amérique du Nord venant ruiner le sommet du PSP entre Bush, Calderon et Harper, les survivant-e-s de la bataille de Seattle, venant débusquer et fracasser les keufs déguisés à la mode black bloc.

Ici, on avait eu les nuits de novembre 2005, le CPE et les suites de l’élection de la « dernière incarnation d’Elvis ». Peccadilles essentielles. Des rencontres. De la vie.

Ça sentait la manif funky style, rumeurs qui bruissaient depuis une bonne semaine, feux d’artifices en honneur aux sans-pap’, et peut-être la virée à Vincennes, ensuite. Je ne sais pas si elle était impatiente de retrouver nos flics, les merguez de la CGT, et le cortège motivé-moooo-tiii-véééé de la Ligue à Léon.

Les sans-pap’ bien présent-e-s. Un beau cortège anarchoïdo-sympathico-décidé aussi. Et la Ligue aussi…

Banderole de soutien à B. et I. tendue à l’arrache sur l’avenue des Gobelins. Quelques fumis. Retrouver les gens. On sent qu’on est pas mal, en fait. Deux cents peut-être. Peut-être plus. Dont elle. Pour une fois, la CGT est plutôt compréhensive et dégonfle son immonde ballon qu’on a envie de crever aux fléchettes pour passer sous la banderole.

On longe le Luxembourg et, joli pied de nez, c’est rue d’Assas que le cortège prend vraiment forme. Banderole « destruction des centres de rétention portée » à l’allemande ; même pas envie d’attaquer la fac des nazillons consanguins, mieux à foutre, se retrouver, commencer à allumer les fumis. Elle fout sa capuche, relève l’écharpe, comme tout le monde.

« Libérez nos camarades, libérez nos camarades, libérez… » Le cri grossit, vient du cœur, claque farouchement dans l’air enfumé. « Libérez nos camarades… »

Elle n’avait jamais vu le Lutetia. Il n’avait pas eu l’honneur de notre visite depuis le CPE. Les cris des torturé-e-s de la Gestapo ne montent plus des caves, pas plus que les plaintes des déporté-e-s revenu-e-s des camps, on entend juste les vitres voler en éclats, vitres de l’hôtel, vitres des Porsche garées devant. La fumée des fumis protège les cagoulé-e-s.

« Je milite à Nanterre (bis)
La Ligue la Ligue
Mais j’habite à Neuilly
La ligue à Léon

J’aim’ bien la couleur rouge (bis)
La Ligue la Ligue
Cell’ de ma Ferrari
La ligue à Léon

À deux c’est une tendance (bis)
La Ligue la Ligue
À trois c’est une scission
La ligue à Léon….
Trotski ploum ploum »

Boulevard Raspail, le cortège de la Ligue passe de manière aussi provocante que celui du PS lors du FSE/FSL de 2003. Il n’en faut pas plus. La banderole Destruction, de ses petits bras musclés, décide de charger. Cette fois, pas de CNT pour protéger les sociaux-traîtres. Le facteur se planque et laisse les gaz poivrés du SO de la Ligue faire le sale boulot. Le bloc tient bon, répond, fait reculer les ex-maos des 70’s parvenus au bout de leur Longue Marche. Rage, rires, et détermination. Poubelles volantes, cannettes, et toujours des fumis.

Les flics remplacent la Ligue sur la fin de parcours. Nouveau face à face. Une poubelle remplie de fumis orange roule vers les barrières que le bras armé de l’État a placées avant le ministère de l’identité nationale et de l’immigration.

« Je hais la France ses flics et ses fachos. »

Elle hurle.
















la Réplik - Mon voisin vient de loin




(merci au Thib' pour les tofs en noir et blanc)

lundi, septembre 24, 2007

lettre ouverte à monsieur Fillon, premier ministre

« Les mots ne comptent pas ; ce qui compte, ce sont les réalités. »
François FILLON, 24 septembre 2007



Monsieur Fillon,

Votre déclaration au matin m'a tiré du sommeil alors que je m'étais endormi avec France-Un-Faux. Les mots semblent bien peu vous importer, ces mots que vous employez pourtant pour dire que la France est en faillite sans l'être ou pour motiver des préfets à rafler et expulser des sans-papiers.

Je passe sur l'insulte faite à tout-e-s ceux-elles qui s’acharnent à chercher le mot le plus juste, tout en sachant qu’il ne viendra jamais, à ceux-elles qui ne veulent pas avoir l’illusoire dernier mot. Je passe sur mes réalités qui sont, à n'en pas douter, bien différentes de celles d'un Premier Ministre.

A la terrasse d'un café de Belleville, je pense à ces personnes qui n'entreront pas dans vos statistiques.

Je pense à Lamine, jeune de 22 ans, mort dans un fourgon de la police nationale de France.

Je pense à Nelson, adolescent de 14 ans mort écrasé sur un passage piétons par une voiture de la police nationale de France.

Je pense à Ivan, gosse de 12 ans fils de sans-papiers, sorti du coma après avoir sauté d'une fenêtre pour échapper à la police nationale de France.

Je pense à cette femme sans-papiers de 51 ans dont on vient d'apprendre la mort alors qu'elle avait, elle aussi, sauté par une fenêtre pour échapper à la police nationale de France.

Je pense à ces libraires inquiétés pour avoir affiché sur leur devanture de ces mots qui ne comptent pas, des mots qui demandent des comptes à la police nationale de France.

Je pense à Bouna et Zied, comme tous les jours depuis deux ans.

« Les mots ne comptent pas ; ce qui compte, ce sont les réalités. »

On meurt beaucoup ces derniers temps, on saute aussi beaucoup aux fenêtres. L’appel du vide, sans doute. Le salut dans la chute. L’expression « mort de peur » au sens propre. « Les mots ne comptent pas. »

Je serai dans un peu moins d’une heure en bas d’une fenêtre, pour l’hommage rendu à cette femme morte. J’y retrouverai des ami-e-s, des inconnu-e-s, des compagnon-ne-s de lutte. J’y retrouverai la rage et le deuil. J’y retrouverai la police nationale de France.

Nous crierons sans doute que le Pouvoir assassine, nous crierons des mots que vous n’entendrez pas, nous crierons nos frères et nos sœurs mort-e-s, nous crierons les morts qui, pour vous, n’ont pas plus l’air de compter que les mots.


Ubifaciunt


nb : une dernière question, monsieur Fillon, dans vos statistiques, comptez-vous les mort-e-s comme « reconduit-e-s à la frontière ? »



(OST : Pigalle - En bas en haut)