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jeudi, avril 02, 2009

Dansons et rions un peu en attendant la mort








Faut que ça danse, bordel, ce samedi à Nanterre (pas mes rêves) !

Alors, de 20 heures au chant du coq , on y va.

Après le mythique Bal des pianos, après le Bal de la-France-des-Cavernes, le Bal Bardak vient visiter la Ferme du Bonheur pour la première fois.

Ouvert à tou-te-s et prix d'entrée à discrétion








(Ami-e bouletto-a de l'informatique, clique sur l'image pour les renseignements pratiques... Sinon RER A direction St-Germain en Laye, arrêt Nanterre Université, traverser la fac, se repérer à la musique bikoz' si tu continues tout droit, t'arrives à la maison d'arrêt...)






jeudi, novembre 06, 2008

Danse, bordel !!! (m'en fous, chuis lorrain -ou presque...-)









Et même si j'aime vraiment pas les z'alsacos, la chanson qui tourne en boucle en ce moment à donf' en mode repeat...

Et que ça rappelle quelques textes-hommages et de bien vieilles photos, et la vie tout ça, bordel de merde ; et danse bordel !!!



"C'est bête, c'est triste, lorsqu'on ne danse...
Plus...."





"Au fond d’une ruelle pas si évidente à trouver, nous approchons finalement le musée historique. Dur de mettre la main et le pied dessus, parce que les ruines romaines font tellement partie de la vie quotidienne ici, de la récupération architecturale que le moindre immeuble pourrait être un musée.

Le musée historique est tout ce que l’on attend d’une association d’érudits de la fin du XIXème siècle, dans un roman réaliste. Sauf que nous sommes au début du XXIème. Une femme d’âge mur lève les yeux, sertis de lunettes, vers nous. Elle parle français avec peine, mais semble prendre un grand plaisir à l’exercer. On sent en elle l’une de ces mécaniques rouillées qui grincent et geignent, mais avec d’autant plus de bonheur que la rouille chute et disparaît par ce mouvement. Heureuse aussi de voir des gens.

Le musée n’est pas chauffé. Il est assez grand, bien tenu, avec des tas de documents, plans comparatifs, photographies anciennes, indices cartographiques et humains et même géologiques qui satisfont ma névrose de maîtrise et de compréhension de mon environnement. La muséographie, comme on pérore dans notre pays avec prétention est un peu chaotique par moments, la chronologie respectée avec beaucoup d’entorses, qui ne sont pas compensées par une ordonnance thématique. Déstabilisant, mais heureux. On finit par se laisser transporter, passés les premiers croquis, par ce grand déambulatoire entre les chapelles historiques de la ville, on erre avec bonheur dans ce musée glacial, vide de tout visiteur, silencieux, mais craquant de partout.

En bas, nous retrouvons, en sortant, la femme d’âge mûr. Nous parlons un peu. « Nous aimons parler français, nous les érudits croates ou slaves. C’est important. C’est la faute de Voltaire et Rousseau… ».

Un homme est là. Il s’anime. Cheveux blancs, veste côtelée, marron, au velours élimé, déjà brillant. Dégarni, une belle couronne de cheveux blancs. Il s’anime et déclame plus qu’il ne parle. Un véritable dinosaure plaisant, universitaire à la retraite ou au placard ?

Non, ancien croupier à Las Vegas. Son français est hésitant mais théâtral et grandiloquent, et le voilà parti à nous narrer avec ferveur sa ville, Split, ses anecdotes, ses travers, ses drôleries et l’occupation de ces « connards de fascistes italiens qui n’ont même pas été foutu d’empêcher les soldats de saccager les ruines romaines ! ».

Ses vingt ans, il les a passés à Paris. A l’époque. A l’époque, nous disait-il, on dansait. On dansait partout à Paris, tous les soirs, dans la rue. Apprenant qu’Olivier et Marianne sont Parisiens, il leur jette, avec son accent slave grandiose : « on danse encore dans les rues de Paris ? ».

Comme ça. Olivier ne sait que dire. Marianne se tient coite.

« Parce que, enchaîne-t-il après un silence, hochant négativement la tête, de sa voix qui roule par boyaux et appendices pulmonaires, parce que, c’est ça qui manque aujourd’hui au monde. C’est des gens qui dansent. Regardez-nous, en Yougoslavie : on dansé ensemble si longtemps, ça a été la guerre parce que l’on a cessé de danser. C’est ça qui manque au monde. Dansez, sinon c’est la guerre. La guerre ou la danse, il n’y a pas d’autres choix. Ou on danse ou on crève, parce que la danse, c’est la poésie, et le monde, il lui faut une révolution qui danse et fait de la poésie sinon nous sommes tous morts. Allez danser dans les rues de Paris, ne faites pas attention à ce que disent les ignorants, dansez ! »

Au milieu des ruines romaines. Au milieu de Split. Il nous a dit ça."




Abd al Malik - Conte alsacien ; une pure merveille de danse et d'amour et de vie en masse, bordel de merde !!!





(et encore et éternellement merci au Dadu pour son merveilleux texte)

vendredi, février 08, 2008

le voyage en Grèce, bonus tracks

Ce qui se tramait à Athènes vers octobre 2007.



Et puis la danse. Parce que sinon on est tous morts. Je leur raconte l’histoire du vieux Croate à Split expliquant au Dadu que la Yougoslavie est morte quand les gens ont arrêté de danser. Qu’on ne danse plus trop, non plus, à Paris. Et que la cold wave grecque commence à me prendre aux tripes et à me chatouiller les rangers. Deux heures d’oubli du monde, à juste ressentir et à traduire en mouvements. Cet honneur que je veux faire au pays qui m’accueille. Danser pour lui. Danser avec ces gens que j’aime. Jusqu’au bout de cette nuit.

Trois notes qui arrivent. Un murmure traverse le club. La piste est d’un coup bondée. Je demande à D. ce qu’il se passe, elle m’explique que c’est un gros tube grec underground de 1984. Daxi. Début un peu pourri pourtant, intro digne d’un slow foireux, voix qui se cherche. Et ça arrive. Nappe de violons au synthé, le mec, ou la meuf, qui chante rentre dans une sorte de vertige, la basse est monstrueuse. Refrain. Ça monte et submerge d’émotion. Puis l’apocalypse. I love you, I love you, martelé une bonne dizaine de fois, I love you qui me déchire les tripes. Une chanson de saccage et d’amour, de crépuscule et d’aurore, d’intime universel. Ça doit durer six, sept minutes, je ne sais pas, ça n’en finit plus de ne plus finir, besoin que ça s’arrête pour respirer et tellement pas envie pourtant. I love you, I love you. Être sur le gouffre, regarder au fond avec joie, se vautrer dans l’infini, et jouir, encore une dernière fois.


Band of holy joy - Fishwives



Nos amis grec-que-s n'ont presque pas eu de punk dans les 80's, mais de la new wave, politisée à donf', avec parfois des genres de Cure sous amphét'.


Headleaders - Her ways are cold



Un rebetiko, beau à pleurer, zik qui nait dans les ports et les zones z'interlopes à la fin du XIXème, comme le fado et le tango, blues de mélancolie et d'exil.





Une des chansons de la Fin pour finir. Quand tout se finira dans le sang et les cendres, que les corps pendront à des crocs de boucher rouillés au fond de quelque usine désaffectée, quand il n'y aura plus rien à espérer et que tout sera bon pour que le Chaos règne enfin. Un truc qui s'écoute fort, la nuit, avec l'orage à la fenêtre et que même le camarade Wagner peut aller se coucher...


Slow motion - die Siele

lundi, novembre 26, 2007

comment dire...

à Moushin & Larami.




Y a des mots qui sont parfois bien durs à sortir, des parallèles évidents et pourtant des enchaînements d'idées qui ne se font pas, peut-être la faute au vin chaud qui embaume l'appart' et monte à la tête, sans doute parce que je suis trop dedans depuis deux semaines, à coup sûr parce qu'il n'y a pas de lien, alors que tout est si évident...

Ca se voulait au départ un texte hommage à la Commune de Peter Watkins que je viens enfin de voir (en deux jours, version DVD complète, 5 heures 45...), et blam la réalité qui me rattrape alors que je mets sur pause hier soir et vérifie Indymedia par principe.

Deux gosses de plus.

Combien de mort-e-s ?

Deux gosses de plus, du fait d'un accident de mini-moto percutant un véhicule de la police nationale de France. Ou l'inverse. Va pas falloir compter sur l'IGS pour faire la lumière. Un quartier qui commence à cramer.

A ce moment du film, c'est la joie des premiers jours suivant le 18 mars 1871. L'ivresse des crosses en l'air, l'ivresse du vin et de l'amour, et de l'espoir. Les chants, les débats, la vie. Et la danse sans laquelle aucune révolution ne sera la mienne. Danse, bordel. Danse.

Le sourire me quitte, forcément.

Allers-retours entre le DVD et internet pour me tenir au courant. Je suis à plein dans ce que dénonce si brillament le Watkins au sujet des médias et de la communication.

J'apprends que toutes les brigades anti-criminalité d'Île de France, ainsi que dix compagnies de CRS et de gendarmes mobiles ont été envoyées sur place pour mater une centaine de gosses ivres de rage, de vengeance et de deuil.

La banlieue et la Commune s'entremêlent, ça tourneboule dans mon crâne, je rappuie sur play, le lendemain Nanterre, la fac et les gosses, mardi sans doute à Saint Denis, la sortie foirée sur Versailles, novembre 2005 et la banque de France qui ne sera jamais prise. Et une foutue demoiselle qui me chatouille les méninges et les tripes. Kill my imagination, kill my president, kill kill kill....

Les femmes s'organisent pour secourir les blessés, on ne sait pas encore combien de commissariats ont cramé, sourire à la réception d'un mail attendu, la Commune vient de décreter la république universelle, c'était fin nul à la fac aujourd'hui, allez les gosses foutez le raffût, il prend le temps le Watkins, des débats, des silences, de l'exaltation, du péremptoire, et du rêve, les affrontements semblent avoir repris cette nuit à Villiers-le-Bel et s'étendre -selon les rumeurs- de Sarcelles à Cergy, "la Révolution, c'est vouloir le bonheur", vouloir danser, bordel de merde...

Ne pas chercher à faire se rejoindre les parallèles. La semaine sanglante, des gosses qui meurent ; se dire que seuls la danse, la rage et l'amour nous sauveront.




(OST : Riton la manivelle - Elle n'est pas morte)

dimanche, juillet 08, 2007

danse bordel !



Au fond d’une ruelle pas si évidente à trouver, nous approchons finalement le musée historique. Dur de mettre la main et le pied dessus, parce que les ruines romaines font tellement partie de la vie quotidienne ici, de la récupération architecturale que le moindre immeuble pourrait être un musée.

Le musée historique est tout ce que l’on attend d’une association d’érudits de la fin du XIXème siècle, dans un roman réaliste. Sauf que nous sommes au début du XXIème. Une femme d’âge mur lève les yeux, sertis de lunettes, vers nous. Elle parle français avec peine, mais semble prendre un grand plaisir à l’exercer. On sent en elle l’une de ces mécaniques rouillées qui grincent et geignent, mais avec d’autant plus de bonheur que la rouille chute et disparaît par ce mouvement. Heureuse aussi de voir des gens.

Le musée n’est pas chauffé. Il est assez grand, bien tenu, avec des tas de documents, plans comparatifs, photographies anciennes, indices cartographiques et humains et même géologiques qui satisfont ma névrose de maîtrise et de compréhension de mon environnement. La muséographie, comme on pérore dans notre pays avec prétention est un peu chaotique par moments, la chronologie respectée avec beaucoup d’entorses, qui ne sont pas compensées par une ordonnance thématique. Déstabilisant, mais heureux. On finit par se laisser transporter, passés les premiers croquis, par ce grand déambulatoire entre les chapelles historiques de la ville, on erre avec bonheur dans ce musée glacial, vide de tout visiteur, silencieux, mais craquant de partout.

En bas, nous retrouvons, en sortant, la femme d’âge mûr. Nous parlons un peu. « Nous aimons parler français, nous les érudits croates ou slaves. C’est important. C’est la faute de Voltaire et Rousseau… ».

Un homme est là. Il s’anime. Cheveux blancs, veste côtelée, marron, au velours élimé, déjà brillant. Dégarni, une belle couronne de cheveux blancs. Il s’anime et déclame plus qu’il ne parle. Un véritable dinosaure plaisant, universitaire à la retraite ou au placard ?

Non, ancien croupier à Las Vegas. Son français est hésitant mais théâtral et grandiloquent, et le voilà parti à nous narrer avec ferveur sa ville, Split, ses anecdotes, ses travers, ses drôleries et l’occupation de ces « connards de fascistes italiens qui n’ont même pas été foutu d’empêcher les soldats de saccager les ruines romaines ! ».

Ses vingt ans, il les a passés à Paris. A l’époque. A l’époque, nous disait-il, on dansait. On dansait partout à Paris, tous les soirs, dans la rue. Apprenant qu’Olivier et Marianne sont Parisiens, il leur jette, avec son accent slave grandiose : « on danse encore dans les rues de Paris ? ».

Comme ça. Olivier ne sait que dire. Marianne se tient coite.

« Parce que, enchaîne-t-il après un silence, hochant négativement la tête, de sa voix qui roule par boyaux et appendices pulmonaires, parce que, c’est ça qui manque aujourd’hui au monde. C’est des gens qui dansent. Regardez-nous, en Yougoslavie : on dansé ensemble si longtemps, ça a été la guerre parce que l’on a cessé de danser. C’est ça qui manque au monde. Dansez, sinon c’est la guerre. La guerre ou la danse, il n’y a pas d’autres choix. Ou on danse ou on crève, parce que la danse, c’est la poésie, et le monde, il lui faut une révolution qui danse et fait de la poésie sinon nous sommes tous morts. Allez danser dans les rues de Paris, ne faites pas attention à ce que disent les ignorants, dansez ! »

Au milieu des ruines romaines. Au milieu de Split. Il nous a dit ça.


(merci à Dadu pour le texte
OST : Idoli - Maljciki)