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mardi, juin 16, 2009

tout est bon dans le cochon...


Un bon direct dans ta face du 92...

Titine Boy revisite Brel à la sauce vénère.













(Merci au camarade Bast pour la tof.... Et tu peux toujours downloader la zizik en cliquant sur "divshare", ami-e bouletto-a de l'informatique...)

lundi, mars 16, 2009

Viva la muerte !






Puisque c'est toujours les meilleurs qui s'en vont les premiers (la preuve, Bashung est mort tandis que Sardou est bien vivant),

Puisque Hadopi aussi un peu,

La ouorld ouide Ubifaciunt international corporation est heureuse de vous offrir un des trésors de ses archives :

L'intégralité de la mythique interview des trois lascars sur la photo en 1969...





1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

dimanche, décembre 28, 2008

Après la tempête, so calm...

Verrine de saumons en duo



Foie gras mi-cuit et son pain d'épices maison



Pavé de biche braisé






Désespérément pas de tempête en Bretagne, donc.

Une lumière de dingue baigne la bouffe familiale et les quelques ballades.

Et je vais sérieusement peut-être songer à me transformer en photographge gastronomique (si en plus ça me permet de bouffer à l'oeil...).

Ou pas.
























La chanson con bretonne du moment avec les fameux Oldelaf et Monsieur D




Et si t'as rien de mieux à faire que de baver devant les trois premières tofs, va donc faire un tour par là, c'est pas tous les jours qu'une chouette hauteur de l'auteur de polar comme ça bloggifie.

samedi, juillet 12, 2008

Monsieur Fernand



Sûr que là-bas, dans son bled paumé au fin fond de la Haute-Marne, la pouilleuse, on l'appelait "eul' Fernand". Le coude rivé depuis une paire d'années au zinc de l'unique troquet de Villegusien.

Sûr que c'était le bon gars, eul' Fernand, qu'il m'aurait plu, farouchement, de cet amour que peuvent parfois ressentir des péquenots quand ils se rencontrent ; ou des ivrognes. Sûr qu'il aurait plu à quelques de mes plus chers, eul' Roger des Ardennes, eul' lorrain Dadu, le Rubab aussi. Des gars de l'Est, là où le pays ça cause. Violemment.

Un verre de rhum en son honneur, un verre de rhum à son silence, lui que je ne connais que par les yeux brillants et les mots de celle que je chéris et qui devait me le présenter dans moins d'un mois.

Gars de soixante-dix berges quand il y est passé, le cancer du poumon s'acoquine mal avec la cirrhose, il est accoudé, sans doute, à son bar, taiseux, les yeux rieurs. Il prend un rata. Ancien garçon coiffeur, il doit avoir gardé la classe du barbier de Reggiani ou des frères Coen, conversation minimale, gestes aussi affûtés que son rasoir.

Il reprend un rata, t'en sert un d'autorité, semble avoir toujours été à cette place, dans ce bar. En décembre, quand il fait dans les - 40°C sur le plateau de Langres. En août, lors du festoche du Chien à Plumes qui voit pulluler hippies et touristes. C'est qu'il en a vu passer, au troquet, des zikos du festoch. Dont les fameux gars de Fishbone. Les mythiques dandys funky trash de L.A. paumés au coeur de la Haute-Marne. Qui boivent leur coup après le set forcément d'anthologie puisqu'ils ne savent faire que ça. Qui quémandent la goutte locale au comptoir. Eul' Fernand est là, comme toujours. Il doit causer, avec son patois et son accent du coin, à des lascars so hype from L.A., coke en vison et toque free for all. Il cause du pays, de la goutte qui ravage le bide, des zikos qu'il a vu passer mais qu'ils sont bien braves les Fishbone, du rhum que je bois à son silence. Ils écoutent et doivent parler de la ligne de basse qui fut un peu déconnante ce soir, de cette goutte qui ravage le bide, so far away from L.A. Ils ne se comprennent pas mais sourient. Nouveau rata. Nouvelle tournée. Une dernière goutte, pour la route.

Nous n'aurons même pas l'occasion de boire la première. Il s'est barré au bistrot de mes souvenirs rejoindre le Beudeff et le vieux Léon. Là où l'on se reconnaît d'un claquement de verre sur le zinc, d'un mégot de vulgaire gauloise. Peu importe sa dernière bière. Il n'est pas encore l'heure de finir la mienne.

Je serai dans son bar le 8 août. Brel chantera en sourdine. Des dandys de L.A. enverront un fuckin' riff en hommage. Le rata et le goutte sentiront le deuil et le souvenir ; eul' Fernand rira du tout-là-haut-qui-n'existe-pas.







Le grand Jacques chante à en pleurer

lundi, octobre 08, 2007

paumé dans la tradal...


"Et la sensualité des vies désespérées"

Pour la dernière fois, je me lève. Je lui donne en liquide les vingt euros rituels. J'ai dû lui parler mes désamours, de mes espoirs, de Wong-Kar Waï, ou de Barbara, pour changer. Je lui dis "à bientôt, peut-être". Je me taille, un peu obligé, un peu à regret. Il me salue, puis, dans le couloir, juste avant d’ouvrir la porte, "au fait, monsieur Faciunt, vous avez vu Lost in the translation ? Euh non… Voyez–le." Derniers mots.

Quatre ans plus tard. Je ne l’ai jamais revu, je n’en ai pas vu d’autre, j’ai toujours une croume de 340 euros (ah, la culpabilité, la dette, tout ça…) et je viens enfin de voir Lost in translation. Juste en anglais japonais, version originale non sous-titrée quitte à être encore plus perdu dans la traduction.

Le temps qu’il m’a fallu pour affronter ses derniers mots.

Le temps qu’il leur faut pour s’affronter, cette première scène au bar, au bout d’une heure, ils se (re)trouvent, tant d’espace entre eux deux. Il lui allume sa cigarette.

La Dolce vita, plus tard, sur la télé de la chambre d’hôtel, et Anita sous l'eau qui ruisselle. Elle appelle Marcello. Elle apellera toujours Marcello.

Cet arbre sur lequel elle noue son papier et son désir. Je repense à la bouche à secrets d'In the mood for love, tout vers la fin, au milieu des ruines d'Angkor.

Ce rien qui enveloppe les silences, la distance, leur vérité. Pars, surtout ne te retourne pas. Reste. Cours. Rejoins la. Hurle. Deux corps qui se frôlent. Ris, tendrement, de la joie de l’évidence. Pars.

"Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus…"

Le taxi attend.

"Je suis là
Je la suis
Je n'ose rien pour elle
Que la foule grignote
Comme un quelconque fruit"

Un film qui donne envie de tomber amoureux. Beau et rare comme la rencontre, la seule et unique, celle qui ne marchera jamais et dont on ne se remettra pas plus.

Ce qui se glisse entre les mots, les images et les êtres.

"E la sensualita delle vite disperate"


(OST : Nick cave - Love letter
avec des bouts de Paolo Conte, Brel et Barbara)

lundi, septembre 10, 2007

Etre faits de l'étoffe dont sont tissés...

(Réponse à un commmentaire, y'en a tellement peu que je peux bien me permettre de faire un billet...)



chère Juliette,

Ca fait foutrement bizarre de commencer une lettre par "chère Juliette". D'emblée, être dans le mythe ; un peu comme écrire une lettre à Elise ou s'appeler Yseult et qu'un abruti se mette dans l'idée d'offrir des ronces plutôt que des roses.

Vaincre le cliché : Vérone, les familles, le poison, les z'amants z'éternels, et toutes les conneries ressassées depuis le grand Guillaume Agite-Poire. Tuer les mythes (et pas que celles de ma cuisine).

Magie cachée du ouèbe. Lancer des mots à la con, bouteilles à la mer, parfois lus et aimés par "anonyme a dit" ; enfin un peu de poésie, la réhabilitation de la lettre anonyme, du temps que l'on s'alloue, avant de choisir de (se) révéler, peu à peu, peu ou pas.

Brouiller les pistes. titiller. Je ne pense pas connaître de Juliette. Vrai prénom, pourquoi l'écrire tout de suite, premier commentaire ? Sinon, que deviner derrière ce pseudonyme volontairement provoc' ?

Et ces guillemets. Nous savons. Gauguin qui sert d'intermédiaire. Bieni joli choix de citation, mademoiselle. Et pourtant. "Sois bien". Injonction paradoxale diraient les camarades de Palo Alto. L'impératif ne pourra jamais m'y résoudre. Ailleurs, vers Vienne, "je suis bien, si bien...".

Au plaisir de te lire,
j'attends à mon balcon...

Ubifaciunt



(OST : Emir Kusturica & the No Smoking Orchestra - Was Romeo really a jerk)

"i'm not Romeo,
i'm not Romeo,
maybe you are Juliette
but i'm not Romeo..."